Et un triomphe, un !

On en avait joliment besoin, Rasto, Mac et moi…

Le fait est que nous sommes dans une situation sanitaire pour le moins critique, du moins en ce qui concerne Rasto et moi : une gastro-entérite nous a littéralement terrassés et il fallu s’accrocher tout au long du montage ! Rien ne me paraît plus cruel que d’avoir à travailler sur les lumières et la sono du spectacle tout en se demandant si vos intestins ne vont pas subitement vous trahir…

Par surcroît, j’avais à gérer une cuisse de mauvaise humeur car mal remise de sa récente nuit frigorifique, un dos en capilotade (mais, ça c’est déjà de la préhistoire dans mon dossier médical !), les angoisses que vous m’avez connues à propos de ma vieille maman. Sans oublier, bien sûr, l’inconfort persistant du camping-car qui nous mine allègrement la santé !

Triomphe, donc ! Salle bourrée à craquer, public extraordinairement réceptif au point de me faire multiplier avec bonheur apartés, clins d’oeil et provocations en direction des spectateurs qui en redemandaient !

Triomphe donc, mais gâché d’abord par un caméscope auquel il manquait… une cassette. A quelques minutes du « lever de rideau », Mac n’avait pas réussi à mettre la main sur le jeu de mini-DV qu’il m’avait fait acheter. Résultat : une formidable opportunité de capture d’image et donc un fabuleux outil de promotion du spectacle perdus d’avance…

Triomphe donc, mais gâché ensuite par une méchante friture entre Rasto et moi à propos du film (« Arsenic et Vieilles Oreilles », très libre adaptation du fameux film de Franck Capra) que j’avais récemment tourné avec sa collaboration, et de la méthodologie à envisager concernant la post-production. Rien de bien grave en soi, mais toujours ce vieux fond de mâlitude qui empêche le genre masculin de s’épanouir dans le partage des opinions et des points de vues. Une fable m’est d’ailleurs venue à l’esprit en sortant de ce dérisoire conflit, heureusement apaisé… vers 3 heures du matin ! L’histoire d’un vieux lion et de deux jeunes coqs. Le vieux lion, vous l’avez compris, c’est moi.

Il était une fois un lion qui n’en finissait pas de vieillir et voulait plus que jamais savourer ses plages de plus en plus longues de repos. Un jour vinrent à passer deux jeunes coqs déterminés à se prouver qu’ils valaient largement le vieux lion. Ils se lancèrent dans un somptueux concert de cocoricos stridents sur tout et rien, certains de déloger le lion de sa colline d’où celui-ci surveillait son monde d’un oeil presque clos.
Les jours et les nuits passèrent, les coqs s’obstinèrent, chacun à sa manière.
Vint l’instant où le lion, harassé, s’ébroua, s’étira et bailla. Les coqs se dirent que le vieux roi allait enfin céder sa couronne et son sceptre, conquis à la seule force de sa mâchoire, reconnaissant par là la supériorité du langage.
D’un coup de patte, d’un seul, il décapita les coqs et se laissa tranquillement retomber sur le sol, puis reprit ses rêveries paisibles…

A chacun d’en tirer une morale, une leçon, une philosophie, ce qu’on voudra.
Du moment qu’on me lâche un peu !

  1. cybie dit :

    J’espère surtout que les jeunots tiennent le coup ! Bravo Joël !

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