Né… 2 fois !

Un monologue de sourd à ne pas mettre entre toutes les oreilles…
Un spectacle totalement (si, si !) accessible aux sourds et entendants !

« Je suis sourd, et j’entends bien le rester ! »

En équilibre sur le fil de la communication, Joël Chalude, le funambule-comédien-mime-danseur, nous raconte sa vie, ses déboires, ses rencontres – gratinées ! – collectées au péril de sa santé morale.

En langue orale, langue des signes, langue bien pendue, grommelots, sous-titres ou signaux de fumée, il nous livre, tout nu et tout cru, ses face-à-face pittoresques dans la jungle des entendants.

Et, de son premier amour jusqu’à Peter Brook en passant par le chef de cabinet de Jack Lang, il nous renvoie à nos paradoxes de communicants, lui qui, depuis sa naissance, ne connaît pas le doux bruit des marteaux piqueurs.

Venez donc vous faire flageller la bonne conscience en repartant avec une salutaire dose de rire !

Jean-Christophe BESSET

L’équipe

  • Coachingue : Fanny DRUILHE, Carole UZAN
  • Lumières : Stéphane ONFROY
  • Musiques : Jacques BREL, Christian GUYOT, Herbie HANCOCK, etc…

S’il est un spectacle qui mérite de voir sa carrière poursuivie, c’est bien « Né… 2 fois ! », la dernière création de Joël Chalude. Programmé dans notre théâtre du 20 janvier au 31 mars 2007, vite dopé par le bouche-à-oreille, « Né… 2 fois ! » a constamment affiché complet.

Au-delà des chiffres, ce one man show – qui n’en est pas exactement un puisqu’il s’agit d’une galerie de portraits méticuleux et exacts – marque par sa singularité. Tirées d’une autobiographie qui, elle aussi, connaît un beau succès, les anecdotes relatées par ce comédien-mime nous touchent profondément en ce qu’elles sont au cœur de l’homme : sourd de naissance, jonglant à merveille entre langue orale et langue des signes, Joël Chalude aborde, non sa problématique personnelle qu’il escamote avec talent, mais l’inaptitude chronique de tout un chacun, vous, moi, à communiquer !

On rit de bon coeur au discours abscons d’un chef de cabinet de Jack Lang ou, à contrario, aux silences incongrus de Peter Brook, on rit encore de l’incertaine déontologie de l’interprète qui traduit le chanteur… sourd à Star Ac’, on écoute autrement Jacques Brel chanté en langue des signes. Et on se quitte bouleversé par la rencontre de l’artiste avec de jeunes myopathes tenus debout par l’espoir.

Je ne saurais donc trop recommander ce spectacle !

Michel MIRAMONT

Directeur artistique du Théâtre Darius-Milhaud